A Boston, dans les années 80, comme dans tout les Etats américains, la drogue prend une place prépondérante dans les quartiers noirs. Là où il y'a de la drogue, il y a des dépendants, il y a de l'argent et ceux qui le ramassent, souvent ceux qui ont les dents les plus longues et la capacité d'attaque la plus vive et la plus féroce. Dès le début de l'adolescence, Tristan, Marlon, Eddie et Simon commence à refourguer de l'herbe dans leur collège : ce sont les rois du lieu, ils se font un lieu dans leur quartier. Puis, c'est l'escalade de la violence, l'échelle du grand banditisme, du trafic, pour arriver au palais, aux nymphes et aux liasses de billets et aux revolvers de plus en plus sortis du holster. Après avoir éliminé, le gang de Tristan, le seul à avoir un véritable sens de la tactique digne de Machiavel et un sens du business digne de Rockefeller, prend le dessus sur tous les autres vauriens du quartier de Blue Hill Avenue. C'est alors que le nabab du trafic de drogue à Boston, le caïd le plus respecté, ou le plus craint, de la ville, contacte l'équipe de Tristan. Les quatre amis vont maintenant dealer du crack : des cailloux dérivés de la cocaïne. Ils prennent vite du poids et deviennent les leaders de la distribution de crack dans le sud de Boston : ils ont des bureaux dans chaque quartier. Seulement voilà, dans le trafic de drogue comme dans la vie en entreprise, lorsqu'on devient aussi bon et puissant que son supérieur hiérarchique, il faut l'éliminer sous peine qu'il nous étouffe. L'attaque est alors la meilleure défense, et lorsque le boss Benny exige de Tristan et son équipe qu'ils ferment leur bureau de Blue Hill Avenue, pour prétendument relancer le business de la prostitution, Tristan a la puce à l'oreille et comprend que l'imminence de l'attaque est sa seule solution de survie, pour lui et ses amis. Seulement, tout ses compagnons suivent leur destin, six pieds sous terre, et seul Tristan pourra se tirer des tentacules de ce piège criminel : ni le FBI, ni Benny, ne réussiront à coincer Tristan, après avoir pris toutes les précautions nécessaires, il se retire avec son amour de jeunesse Michelle. La drogue a gâchée leur vie, mais elle a été également leur seul sens, dans des quartiers où bien souvent le banditisme et le sport sont les seuls moyens de se démarquer et de s'échapper. Si Tristan avait pu faire autre chose, il aurait été gangster, car il aurait fait exactement ce qu'il a fait, car le passé fait ce qu'il est.
Ce film est passionnant : deux heures durant, on est plongée dans l'univers du ghetto noir de Boston, on parcours les années à un rythme frénétique et entraînant, suivant le parcours d'un gangster aussi intelligent que les chefs d'Etats, et aussi brillant dans son domaine. Mais aussi celui d'êtres brisées, malgré leur amitié, ou à cause de cette amitié irrésistible qui les mènera droit au cercueil. C'est la dure loi de la rue, et seul les hommes aux capacités intellectuelles de Tristan peuvent s'en tirer la peau sur le dos, et le malheur dans le passé. Allen Payne tient parfaitement son rôle, et tout son entourage est à la hauteur d'un scénario époustouflant, ce film est vraiment un coup de c½ur et n'a rien à envier à Menace II Society et Boys in the Hood, qui sont considérés comme les références dans ce genre récent et très spécifique (black crime movie).
Maxime