Le Manipulateur - J.McNaughton - 1999

Nous sommes en 1972, en Israël. Le gangster retraité Meyer Lansky s'apprête à vivre ses dernières années mouvementées au calme, avant que son pays, les Etats-Unis, ne le rattrapent. Sur la terre de ses ancêtres, sur les lieux saints de sa religion, il se questionne sur sa vie et se souviens de tout ce qui a fait son existence. Les premières années, en Europe de l'Est quelques années avant la révolution communiste, où son grand-père, juif polonais, fut assassiné devant ses yeux, puis son arrivée à New York, dans ces fameux quartiers ghetto, à la veille de la Première Guerre. Mayer a douze ans : c'est un enfant intelligent et débrouillard, il commence très tôt à faire joeur ses petits camarades, il tient un tripot qui, dès le début des années 20, le fera "découvrir" par les boss du crime organisé new-yorkais. Avec l'immigré italien, Salvatore Lucania, surnommé Lucky Luciano, ils s'investissent dans le trafic d'alcool, durant la Prohibition. Lansky est trés doué pour les calculs et c'est un fin stratège : il gère les affaires, pour le compte de Joe Masseria. Seulement, avec leur ami, juif lui aussi, Benjamin Siegelbaum, dit Bugsy Siegel, ils vont former le Syndicat du Crime, une organisation militaire et implacable, la Mafia telle qu'on la connait aujourd'hui, tels qu'ils l'ont décrit : "une association nationale d'hommes d'affaires avec des directeurs qui voteront". Une fois qu'ils ont tué Maranzano et Masseria, après l'assasinat de Rothstein, ce fut eux les directeurs, les patrons du crime. A une certaine époque, Lansky dirigera le syndicat des Camionneurs, qui financera la construction des premiers casinos à Las Vegas, sur l'idée géniale mais mal vue, en son temps, de Bugsy. En 1943, Luciano passe un accord avec le Gouvernement : pour sortir de prison, il doit aller en Sicile préparer le débarquement. Pendant son absence, c'est Lansky et Bugsy qui dirigent le Syndicat du Crime. Seulement, Luciano se rend à Cuba et contrôle les casinos de la Havane, avec l'aide du dictateur Baptista. C'est à la Havane que les principaux chefs du Syndicat du Crime, dont Lansky et Luciano, donnent l'ordre d'éxécuter leur ami Bugsy : son casino à Vegas, le Flamingo, coûtait trop cher et il était soupconné de détourner de l'argent du Syndicat. Le fringlant Bugsy fut donc assassiné en 1947, et soixante ans plus tard, on peut dire que son talent de visionnaire est prouvé car Las Vegas est la plus grande ressource à billets verts que la Mafia ait rêvé. A cette époque, Lansky est bien entouré. Il travaille avec son frère, mais les fédéraux sont à ses trousses. Durant les années 60, il dirige tout le pays puis, au début des années 70, Lansky se réfugie en Israël, terre juive, à cause des procès qui se multiplient contre lui, à New York. Lansky restera trois ans en Israël avant d'être contraint de rentrer aux Etats-Unis et après s'être résigner à pouvoir obtenir l'exil à Panama et dans d'autres pays sud-américains. A son retour en Amérique, il est arrêté mais il ne sera jamais condamné par la justice, l'opinion publique connaît désormais le Parrain Juif. Il aura même son rôle, Hyman Roth, dans le film de Francis Ford Coppola, Le Parrain II, en 1974. A la fin du film, Lansky raconte à un journaliste ses histoires, à Miami Beach. On est en 1978, et Lansky s'éteindra le 15 Janvier 1983 à l'âge de 80 ans : c'est une légende du crime.

Ce film est excellent par sa vérité historique, la performance des acteurs comme Richard Dreyfuss (Lansky), Anthony LaPaglia (Luciano) et Eric Roberts (Bugsy), qui sont habitués à ces rôles de bandits (La Paglia a joué le rôle de Frank Nitti, Eric Roberts a campé Al Capone dans Le Dernier des Capone et Dreyfuss était Vic dans Mad Dog Time). Les images remarquables de John Alonzo (directeur de la photographie de Scarface) sont également remarquables et le scénario de David Mamet, qui a écrit un autre classique : Les Incorruptibles, est la base de ce pur film noir. Ce film est une fresque du XXe siècle, à travers le parcours d'un jeune juif vivant son rêve : Meyer Lansky, le Manipulateur.


Maxime
Le Manipulateur - J.McNaughton - 1999

# Posté le vendredi 03 mars 2006 13:31

Modifié le mercredi 21 juin 2006 04:15

Le Parrain II - F.F.Coppola - 1974

Le Parrain II - F.F.Coppola - 1974
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# Posté le vendredi 03 mars 2006 18:03

Modifié le vendredi 03 mars 2006 18:17

Les Incorruptibles - B.DePalma - 1987

Les Incorruptibles - B.DePalma - 1987
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# Posté le vendredi 03 mars 2006 18:03

Modifié le vendredi 03 mars 2006 18:59

La Trahison de Gotti - T.O'Sullivan - 1998

La Trahison de Gotti - T.O'Sullivan - 1998
La Trahison de Gotti est un des nombreux films inspirés de la vie du gangster new-yorkais John Gotti (voir La Chute de Gotti). Ce film, réalisé par Thaddeus O'Sullivan, est centré sur le personnage de Salvatore Gravano, le numéro deux de Gotti au sein de la famille Gambino. Tout commence au début des années 70, dans un New-York bouillonant, les petits voyous sont repérés par le Syndicat du Crime et travaillent pour les familles. Salvatore Gravano est repéré par la famille Gambino, avec son ami Louie Milito, par l'associé Toddo Aurello. Il est réputé comme bon bagarreur, vaillant, féroce, il sera surnommé "Le Taureau" au sein de son gang, les Rampers. Dans le même temps, John Gotti, chef d'un gang de jeunes voyous, est repéré par Neil Dellacroce, un vieux capo du clan Gambino. Les deux jeunes loups sont introduits au sein de la Cosa Nostra : ils prêtent serment. Ils sont ambitieux et grimpent vite au sein de l'organisation : Gotti dirige depuis son centre social, le Ravenite Club, les opérations de son équipe, tandis que Gravano s'occupent des opérations immobilières de la famille, avec Louis DiBono. Gotti et Gravano grimpent seulement ils remettent en question la gestion du vieux "Big Paul" Castellano, qui dirige la famille comme une entreprise et non comme une organisation criminelle. Le capo de tutti les soupconnent de revendre de la drogue, ce qui était interdit au sein de la famille, Gotti, Gravano et Frank LoCascio décident alors d'éxécuter Castellano pour prendre le pouvoir et gérer les affaires de la famille à leur guise. Le 16 Décembre 1985, c'est chose faite. Après que Gotti soit introduit capo di tutti, Frankie est victime d'un attentat. Gravano devient donc son consigliere. La période est faste, Gotti devient un personnage public avec ses costumes sur mesure, ses phrases chocs, son humour corrosif et sa grande gueule, Gravano reste dans l'ombre. Seulement, après plusieurs réussites judiciaires qui lui vaudront le surnom de "Teflon Don", Gotti et Gravano sont arrêtés par le FBI en 1990, après que les fédéraux les aient mis sur écoute. Lors du procès, Gravano comprend que Gotti veut le faire plonger pour s'en sortir, d'après les écoutes des fédéraux. Il décide donc de devenir un témoin et de signer un pacte avec le gouvernement. En 1992, Gotti est condamné à perpétuité et Gravano prend 5 ans et une protection policière, car il a un contrat sur sa tête : c'est le repenti le plus célèbre de l'histoire de la Mafia avec Joseph Valachi et Henry Hill. En 2002, Gotti est mort en prison tandis que Gravano, repéré par les Gambino et sur le point de se faire éxécuter, à été arrêté pour trafic de drogue. Il est aujourd'hui incarcéré et protégé. Ce film est réussi car très proche des faits. Les acteurs principaux, Tom Sizemore et Nicholas Turturro, sont à la hauteur du scénario, les dialogues sont bien écrits et le rythme du film rend les deux heures presque trop courtes. Cette histoire, maintes fois racontées (pas seulement au cinéma) trouve ici une de ses meilleures interprétations.

Maxime

# Posté le vendredi 03 mars 2006 18:35

Modifié le samedi 13 mai 2006 09:28

Romanzo Criminale - M.Placido - 2005

Romanzo Criminale - M.Placido - 2005
Romanzo Criminale. Le film tient dans ces deux mots à la prononciation riche, à la consonnance qui nous laisse déjà deviner un gout d'Italie, plus, un goût de Mafia, à l'instar du film de Marco Giordana, Les Cents Pas. La romance, ce sont les putes qui nous font renifler leur Chanel à travers l'écran, les madone qui surgissent de fresques ou d'une fenêtre, le crime est aussi présent en force, avec la présence d'images d'archives sur les principaux faits d'armes en Italie dans les années 70 : on retrouve l'enlèvement d'Aldo Moro par les Brigades Rouges, la lutte anti-mafia, le terrorisme... Quand romance et crime s'enlacent, c'est la corruption, la passion, la prison, l'argent, l'amour et la violence qui nous frappent, tel un bon coup de poing dans la figure, accompagnée de versets italiens embrassant nos oreilles. On sent l'Italie : les Vespa, les Alfa Romeo, les paysages vides et encore naturelles, et les Berreta. Dans la première scène on découvre quatre enfants qui tombent très tôt dans la délinquance. Après deux heures et demie, on retrouvera cette scène, mais cette fois elle terminera bien ... virtuellement, car dans le milieu du banditisme, à cette échelle surtout, rien ne finit bien et l'appel de l'au-delà se fait entendre d'une voix plus rauque que dans n'importe quel autre milieu. Le destin de ses quatres enfants va se croiser, va se lier, va se déchirer, et va s'écrouler. Cette bande a réellement existé, la bande des Magliana. Dans le film, on retrouve le Libanais, le Froid, le Dandy et Andrea. Dès le début, le petit Andrea disparait. Quelques années plus tard, les trois petites frappes accompagnés par les amis du village vont enlever le richissime baron Rosselini. Le rapt dérape et ils assassinent le baron, mais touche les millions tant attendues. Ils suivent alors le Libanais et mettent le jackpot au service de la création d'une organisation criminelle qui à pour but de faire main basse sur Rome, la capitale. Ils débarquent, investissent dans la drogue, tuent tout les bons traficants en place dans les instances dirigeantes et tout les hommes dangereux, et se retrouvent vite au pouvoir. Jusque là rien de très original pour un film noir, mais le film de Michele Placido est placé dans un contexte particulier, qu'il décrit merveilleusement : l'Italie des années difficiles, l'Italie qui a peur. Le Dandy prostitue Patrizia et monte une maison close, le Libanais devient l'empereur du trafic de drogue, comme il aime s'en expliquer, le Froid, plus pieds-sur-terre, poursuit l'aventure avec ses amis d'enfance mais garde un pied dans la "vie minable" : celle des gens "normaux". Il tombe même amoureux d'une amie de son jeune frère et souhaite s'évader de cette vie. Ses associés doutent alors de lui mais, tout pourrait aller pour le mieux pour l'instant si seulement il n'y avait pas un vaillant commissaire pour essayer, à tout prix, de faire chuter l'organisation : le Commandant Scialoia. Il est seul contre tous, même contre le système qu'il défend : la corruption déteint sur ses enquêtes, mais c'est un incorruptible : il y arrivera. Il fait tomber le Libanais, qui ressortira grâce à des appuis politiques. Scialoia enquête sur Dandy mais tombe dans une relation ambïgue et intense avec Patrizia, la putain du gangster. Seulement, dans ce milieu, on peut mourir pour un mot ou un regard, qui que l'on soit, et le Libanais est poignardé, après l'attentat de Bologne. Le Froid veut venger son ami avec qui il était brouiller, il reprend les affaires en main, avec fermeté. Mais, il tombera lui aussi en cellule, avec tout les autres sauf un: le Dandy. Il devient donc le patron de l'organisation et s'installe avec Patrizia : il le jure, il ne tuera pas Scialoia. Le Froid apprend la mort de son frère, un junky, et il s'empoisonne pour sortir de prison, pour enfin revoir l'amour de sa vie, ne plus la décevoir, sa madone, Alberta (superbe Jasmin Trinca), la seule dose de pureté buccolique et quotidienne dans sa vie de bandit, il laisse le pouvoir au Dandy et s'installe en France. Désormais, cette vie de voyou le dégoute mais son empoisonnement le condamne. En Italie, le Dandy est assassiné et les affaires ne tournent plus. Scialoia et la loi triomphe, et le Froid, juste avant de mourir, décide de rentrer à Rome pour régler un dernier compte et expliquer toute l'organisation à Scaloia, mais il n'en aura pas le temps. Un tireur masqué l'abat : surement un de ces barbouzes qui ne désirait pas laisser le Froid raconter tout ce qu'il savait des activités doubles de certains officiels italiens, ceux-là même qui avait aidé le Libanais a sortir de prison et qui ne voulait pas que ces méthodes s'éfritent dans le bureau de Scaloia. Le réalisateur italien Michele Placido expose ici son Italie noire des années 70 sur une toile digne d'un tableau de maître, Modigliani ou Vinci. Ayant été policier dans les années 60, ce film pourrait etre présenter comme un témoignage de ce réalisateur, qui s'appuie aussi sur le livre éponyme de Giancarlo de Cataldo et sur les faits racontés par les membres encore vivants de ce clans de truands.

Bande annonce (italien sous titré francais)
Bande annonce (francais)

Maxime

# Posté le vendredi 31 mars 2006 15:36

Modifié le jeudi 27 avril 2006 12:43