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Scarface : The Shame of a Nation - H.Hughes - 1932

Scarface : The Shame of a Nation - H.Hughes - 1932
Mythique Scarface... Al Capone, plus d'un siècle après sa naissance, reste le gangster le plus connu à travers le Monde, « Scarface » est aussi un symbole, l'icône du film noir, le premier de ses grands chefs-d'½uvres. Armitage Trail écrit Scarface en 1930, s'étant fortement inspiré de la vie et de l'actualité du gangster notoire de Chicago, Alfonso Gabriel Caponi, surnommé « Scarface » (le balafré) à cause de l'énorme balafre qui recouvre une partie de son visage, de part en part. Capone, avec ses méthodes violentes et sa personnalité peu scrupuleuse a révolutionné le monde du crime organisé aux Etats-Unis et à fait connaître le phénomène dans les années 20. Capone roulait en Cadillac, tirait les plus belles femmes et pilotait les plus puissantes sulfateuses de toute l'Amérique : c'était lui le patron. Scarface, l'ouvrage de Trail, est donc fortement inspiré de son histoire, de son parcours et de ses habitudes. Au début des années 30, le cinéma prend une nouvelle ampleur et le producteur milliardaire et sulfureux Howard Hughes (Scorsese lui a consacré récemment un long-métrage : L'Aviateur) envisage d'adapter le best-seller d'Armitrage Trail sur grand écran. Il engage Ben Hecht, ancien journaliste de Chicago qui connait sur le bout des doigts l'histoire de Capone et ses hommes, pour écrire le scénario et enrôle le réalisateur Howard Hawks, qui a ensuite diriger Humphrey Bogart dans La Grande Evasion, dans le projet. Paul Muni jouera le rôle de Tony « Scarface » Camonte, avec à ses côtés Georges Raft, Ann Dvorak et Karen Morley notamment. Le film sort en salles en 1932, après deux années de découpe pour correspondre au programme Ace d'auto-censure des studios, c'est un film parfait, un véritable long-métrage référence dans le genre du film noir, du policier, mais par pour autant un succès commercial. Pourant, les images restent encore aujourd'hui dans la mémoire collective, Tony retranché chez lui dans la scène final lors d'une ultime fusillade avec la police, Tony interrogé par les policiers au début du film, Tony au théâtre, Tony lors du massacre de la St Valentin, Tony qui sifflote la trahison avant de dégainer sur l'air de la vengeance (l'air d'Edgar de Donizetti dans son Lucia di Lammermaar), avant de faire parler sa Thompson... seulement voilà, il n'est plus rien sans sa "machine gun". Pourtant, ce Tony là perce l'écran, plus qu'un personnage, car est un mythe : « The shame of a nation ». 50 ans plus tard, le film connaîtra un second souffle après la sortie d'un remake commandé par Martin Bregman et les studios Universal au réalisateur de talent Brian de Palma. On retrouvera l'intrigue succulente du Scarface de Hughes, transposé par le scénariste Oliver Stone, dans le Miami des années 80. Mais on retrouve pourtant le Tony charismatique, ses relations ambiguës et passionnelles d'attachement fraternel avec sa s½ur, son désir d'avoir toujours plus de pouvoir, son coup de foudre pour la femme de son patron, qu'il abattra, sa chute irrésistible à la fin, sa personnalité tiraillante et arrogante et bien sûr ses folies : Tony Camonte tue son ami Guido car il s'est marié en catimini avec la s½ur de Tony, Cesca. 50 ans plus tard, cette fois en couleurs, Tony Montana tue son ami Gina car il s'est marié en cachette avec sa s½ur Gina. On retrouve aussi des plans du "premier" Scarface, comme le plan final qui quitte le cadavre de Tony (Montana ou Camonte) pour rejoindre un édifice avec inscrit la devise préféré des deux gangsters : The World is Yours, et j'en passe, les deux films sont superposables. L'intrigue captive des millions de cinéphiles à travers le Monde, Scarface : A Shame of a Nation ressort alors des armoires et montre à nouveau à la face du monde ce que se doit d'être un film de gangster, ce genre si particulier auquel ce chef-d'½uvre avait lancé les bases et marquer l'apogée, avec Little Ceaser et Public Enemy, il y a maintenant plus de 70 ans.

Avis Ciao

Maxime

# Posté le mardi 24 janvier 2006 08:38

Modifié le jeudi 05 octobre 2006 16:02

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