La Mentale - M.Boursinhac - 2002

La Mentale - M.Boursinhac - 2002
Driss sors de prison et cherche à se ranger de son passé de voyou : il travaille au marché et emménage avec Lise, une jeune femme extérieure au milieu et hostile aux amis voyous de Driss. Il ne restes en contact qu'avec son cousin Yanis, qui depuis que Driss était à l'ombre, à pris de l'envergure dans le milieu de la banlieue parisienne. Lui et son équipe de bandits banlieusards montent des coups de plus en plus gros, ils s'attaquent désormais au convoi de transports de fonds. Cette équipe maghrébinne s'associe au proche milieu des gitans. Driss connait tout le monde, Driss lui demande d'être du prochain coup ... il ne peut refuser, Lise voit clair dans son jeu. Driss essaye pourtant de préserver son jeune frère Mel, et sa famille, de cette vie de taulier, aller-retour La Santé-la cité assuré de manière assez régulière. On vois durant des heures ce quotidien de jeunes fils d'immigrés perdant pieds en costume Armani camouflant une Breitling doré, Mercedes sombre. On se bat pour le trafic de drogues : Driss, qui se sent tout puissant, doit régler le problème et vole le business de Marco, caïd du quartier, pour donner ce territoire à Mel mais les petits profits sont, ches les petites gens, des réussites tellements fantasmées qu'ils virent souvent au cauchemar. C'est un piège de Flèche, "parrain" à l'ancienne du milieu parisien, borsalino visé sur la tête, par-dessus sur l'épaule, cigare en bouche. La guerre des génération s'annonce inévitable. Le clan Flèche avec ses cols blancs déclare la guerre, de manière diplomate bien sûr. Dans le milieu du grand banditisme, on a un code moral...parait-îl. Il faut savoir se taire, protéger sa famille et ne jamais trahir. Seulement, à la fin, après deux heures de souffle coupé, il ne reste (presque) plus personne, le crime paie mais avant tout, par définition, il tue. Ce sont toujours les mêmes qui pleurent et le même sang qui coûle, vie de malheur.

La Mentale est sûrement le film français qui expose le mieux le milieu parisien actuel, mêlant jeunes maghrébins et familles gitanes, gros coups et petits trafics. L'ombre des Hornec et autres planent sur ce film réaliste et la guerre des gangs rappellent des faits divers parfois encore d'actualité. Une des questions récurrentes du film noir s'impose dans ce long-métrage : Comment échapper à un destin, à une vie? Heureusement que le cinéma français produit encore des films aussi intenses et authentiques, c'est un film choc et le duo Naceri-Le Bihan est sensace. Manu Boursinhac nous offre une fresque réaliste et violente du "nouveau Milieu" et en écrivant cette critique le générique final résonne dans ma tête et l'envie me prend de le revoir une fois de plus.


Avis Ciao

Maxime

# Posté le jeudi 26 janvier 2006 08:07

Modifié le jeudi 05 octobre 2006 16:06

La Cité de Dieu - F.Meirelles - 2002

La Cité de Dieu - F.Meirelles - 2002
La Cité de Dieuest un film épique sur la vie, l'histoire d'une favela de Rio. La Cité de Dieu est donc un quartier défavorisé de cette mégalopole sud-américaine. Au Brésil, il y a les riches qui se partagent le pouvoir et les pauvres qui, eux, se regroupent dans les bidonvilles. La vie y est difficile. Ce film dénonce bien le phénomène : le crime, le manque de chance pour les jeunes et surtout la pauvreté qui régit ces quartiers. Pour s'en sortir, il faut devenir un caïd dans ce quartier. Tout commence tôt, des enfants à peine âgé de 10 ans braquent les commerces locaux, puis s'éxécutent entre eux pour monter les échelons, transportent la drogue pour le compte des "grands". Personne ne va à l'école, les petits analphabètes n'ont qu'une porte de sortie : la criminalité. Il y a deux figures qui sortent du lot : les jeunes Bene, petit intellectuel à lunettes, cool et sensé, et Dadinho, vaillant et determiné, un peu chien fou. Les deux compères grandissent, sous les yeux de Buscape, un autre gamin de la cité, qui lui n'est pas mêlé aux voyous du quartier, il veut s'en sortir et devenir photographe. Son grand frère lui à choisi la voie de l'argent facile, comme beaucoup de ses copains. Buscape connaît donc bien le problème. Bene et Dadinho prennent de l'envergure, ils éxécutent les autres et s'installent à leur compte : ils contrôlent plusieurs secteurs dans le quartier concernant le trafic de drogue : le cannabis et la cocaïne. Le faste commence : les armes, les objets de valeurs... Il n'ont qu'un ennemi : Segura, le chef d'un autre secteur. Mais Bene, amoureux et décidé, veut sortir de la galère de la cité et s'évader à la campagne avec Angelica. Problème : Dadinho, devenu Zepequeno, ne veut pas le laisser partir. Les amis d'enfance se déchirent et ... l'accident. Bene meurt, Pequeno, dépité, poursuit son ascension criminel. Puis, la guerre. Manu le Coq, un honnête homme du quartier, se met du côté de Segura, après que Pequeno ait éxécuté sa famille et violé sa femme. La guerre sera destructrice : les enfants sont les soldats, des centaines meurent, un véritable bain de sang quotidien durant des mois, la police n'intervient pas, et les chefs de guerre Pequeno et Segura en oublient même l'exact motif. Buscape profite de sa promiscuité dans la Cité de Dieu pour faire des photos de cette guerre, des gangs. Grâce à ses photos, il obtient un stage dans un journal. Pour finir, Zepequeno qui corrompt la police se retrouve trahi et ruiné, Segura et Manu le Coq meurent dans la guerre, la cité est décimé et la bande des Microbes, des enfants terribles du quartier qui "bossent" sous les ordres de Pequeno prennent la place du "patron" après l'avoir éxécuté froidement. Voir ces enfants se tiré dessus, crié cette violence et verser leur sang, qui ne vaut apparement pas cher, dans une guerre inutile, montre bien la force de ce film brésilien, qui a remporté nombre de prix dans des festivals internationaux. En tout cas, ce film dénonce la corruption et la pauvreté qui régit ces favelas, ainsi que le manque d'éducation dans ces quartiers qui poussent ces enfants vers un avenir médiocre, vers une mort silencieuse aux yeux de la haute société brésilienne. Le fossé social est énorme. Pour finir, je vous précise que tout les faits décrits dans ce film sont tirés de faits réels décrits dans la Cité de Dieu, best-seller de Paulo Lins. Buscape est devenu un photographe brésilien reconnu, Pequeno et compagnie sont bien meurt dans une guerre du crime : c'est le prix du sang. La Cité de Dieu est toujours aussi dangereuse et aussi pauvre, le réalisateur Fernando Meirelles a même raconté que la première fois qu'il s'était rendu sur place, pour préparer le film, il s'est retrouvé menacé, une arme à feu sur la tempe, après cinq minutes sur place.

Bande annonce (portugais sous-titré francais)

Maxime

# Posté le jeudi 26 janvier 2006 08:29

Modifié le jeudi 27 avril 2006 12:51

Blow - T.Demme - 2001

Georges Jung n'a rien des voyous de Harlem ou du Bronx. C'est un jeune américain qui débarque tout droit de la Nouvelle-Angleterre où son père l'a élevé avec l'argent modeste de son travail d'ouvrier du bâtiment. George aime son père mais voit les difficultés financières gangrenées son foyer, il décide alors de quitter la maison familliale ... et les problèmes d'argent. Avec son ami Tuna, ils prennent la direction de la West Coast. Jolies filles, plages ensolleilées ... et herbe à gogo! Jung prend sa place dans ce biz, il a le sens des affaires et écoule rapidement, avec l'aide de Tuna. Ils sont sous la poupe de l'excentrique Derek. Il rencontre la belle Barbara et tombe amoureux, il rencontre les grossistes en Amérique Latine et importe de plus en plus de cannabis : les affaires marchent. Mais, Jung se fait prendre avec 330 kg de cannabis, et Barbara, son premier amour, meurent d'un cancer. Il comprend alors les dangers de la drogue. Il rencontre en prison Diego Delgado (son vrai camarade de cellule colombien s'appelait Carlos Lehder), un colombien douteux. L'homme à des contacts dans le milieu de la drogue, il connaît les barons, mais n'a surement pas le cran pour se lancer, il propose donc à son camarade de cellule de venir en Colombie rencontrer ses mentors. Jung rencontre Pablo Escobar, le chef du Cartel de Medellin, le baron absolu de la drogue. Georges Jung devient le premier traficant de drogue à importé de la cocaïne sur le territoire américain. Ce yankee au look très "années 70" trouve sa place au milieu des barons colombiens de la drogue, il épouse même une plantureuse colombienne : Mirtha. Il devient papa d'une petite Cristina Sunshine : "le seul vrai amour de sa vie". C'est le bonheur pour Jung et les affaires sont à leur apogée, il reprend contact peu à peu avec ses parents. Mais, le jour de la naissance de sa petite fille, Jung fait une over-dose et tombe très malade : il doit ralentir sa consommation de drogue si il veut survivre. De plus, les cartes se brouillent et Diego le trahit : il monte son affaire ... avec l'aide de Derek, le premier associé de Jung. Georges se sent trahi et se retire définitivement du business. Cependant, le FBI le traque et, ils auront l'occassion de le remettre sous les verrous après qu'une soirée anniverssaire, chez Jung, ne réunissent tout les barons de la drogue. Il tombe, puis ressort, mais sa famille et sa situation est brisée. Il n'a plus un sou, sa fille lui en veut de l'avoir abandonée et Mirtha est partie. Le seul plaisir de Jung, accompagné sa fille à l'école. Il se remet peu à peu dans le business, pour pouvoir offrir une vie meilleure à sa fille, Cristina. Mais, dans les affaires, il n'y a jamais de gagnants, et Jung se fait "livrer" par ses partenaires : il repart au centre pénitencier. Son père meurt et, il ne reverra plus jamais sa fille. Il est actuellement en prison. Blow est sensationnel de par son rythme et la performance des acteurs : Johnny Depp, Ray Liotta, Penelope Cruz et Rachel Griffiths sont excellents, et le parcours de ce gangster intelligent, brillant, et malheureux, est très intéressant à suivre.

Bande annonce (anglais sous-titré francais)

Avis Ciao

Maxime
Blow - T.Demme - 2001

# Posté le lundi 27 février 2006 11:41

Modifié le jeudi 05 octobre 2006 16:04

Le Dernier des Capone - J.Gray - 1990

Al Capone est le gangster le plus célèbre de l'Histoire, sûrement un des plus puissants. Le traficant d'alcool avait la main mise sur le réseau nationale aux Etats-Unis durant la Prohibition des années 30. Mais, l'Histoire connaît moins la famille Capone, Caponi devrais je dire, du nom initial de cette famille, à son arrivée d'Italie. Le père Gabriel, barbier, à 4 ans, dans le Little Italy de Chicago. Al Capone est craint, sa famille respectée, ces Napolitains vivent pourtant du crime. Les quatres frères forment une équipe de choc à Chicago. Leur prénom italiens deviennent plus anglais, pour favoriser l'intégration des petit Caponi. Vincenzo devient James, Raffaele devient Ralph, Salvatore se transforme en Frank et Alfonso devient Alphonse, Al. Mais, suite à une querelle, Ralph quitte ses frères et sa famille pour trouver un travail plus "catholique" dans l'Amérique profonde. Dans la vérité des faits, c'est James qui a quitté le foyer à l'âge de seize ans. Mais dans le film de John Gray, c'est Ralphie qui devient Richard Hart, marshal dans le Nebraska. Il se marie avec Kathleen, belle institutrice, et à quatre enfants : une véritable petite famille. Pourtant, durant son absence à Chicago, capitale du crime, ses frères ont pris le pouvoir : Al Capone est le roi des bandits. Et, Hart "Double Colt" (dans la vérité des faits, "Two Guns Hart") est le seul marshal incorruptible du Nebraska, il donne du fil à retordre aux traficants d'alcool de Capone. Al entreprend des recherches pour retrouver son frère, dans le même temps, il met un contrat sur la tête de cet encombrant marshal. Il envoie son frère à la recherche du gardien de la paix, mais, il s'avère que ce n'est autre que Ralph Capone, qui a changé de vie après son départ de Chicago. Il invite son frère à Chicago, Ralph se rend dans la "capitale du crime" et retrouve son frère Alphonse, qui lui propose un emploi au sein de son organisation. Ralph Capone aka Richard Hart, qui croit en sa mission, refuse l'offre alléchante de sa famille. Al Capone, qui vient de voir mourir son père et son frère, perd aussi tout contact avec Ralph. Il est traqué par la police et la brigade financière arrive à le condamner à 11 ans de prison, à Alcatraz. Pendant ce temps, Richard "Double Colt" poursuit son combat contre la mafia et la Prohibitione est abolie. 8 ans plus tard, Capone sort d'Alcatraz mais il est malade de la syphilis : mourant, son frère Ralph lui rend une dernière visite. Ils se remémorent leur passé commun, cette enfance d'immigrés italiens dans les rues des quartiers de Chicago. Ils se respectent, s'admirent, et s'aiment, comme des frères, malgré le chemin qui les déchire : celui de la loi. Al Capone meurt en 1947, et Ralph mourra quelques années plus tard. Ce film retrace fidèlement l'histoire d'une famille et montre comment un de ses membres, le seul qui croit en la loi et la justice, est rejeté à cause de sa confiance en cette valeur fondamentale. Le crime aura la peau de la famille Capone mais le dernier des Capone... c'est le Marshal Richard Hart.

Maxime
Le Dernier des Capone - J.Gray - 1990

# Posté le lundi 27 février 2006 13:21

Modifié le mercredi 21 juin 2006 04:14

La Loi de la Nuit - I.Winkler - 1992

La Loi de la Nuit - I.Winkler - 1992
Une des premières productions de Robert DeNiro, La Loi de la Nuit est un film noir qui rassemble Bobby et Jessica Lange (un an après Les Nerfs à Vifs de Martin Scorsese). DeNiro incarne Harry Fabian, un avocat véreux et minable qui vit de ses affaires crapuleuses. Il passe ses journées dans le bar de son ami pHIL : le Boxers Bar. Phil Nasseros observe dans son bar le grand gangster juif Boom Boom Grossman, qui dirige le quartier et organise les combats de boxe. Harry est un ambitieux anxieux, mais il ne connaît pas le succès, car son goût pour l'argent facile l'éloigne des véritables bon coups. Un jour, une affaire oppose Fabian et son client à un poulain de Boom Boom. Fabian perd le procès mais a une idée : organiser des combats de boxe. Il empiète donc sur le terrain de Grossman qui, en bon vieux caïd, pourrait l'éliminer. Mais Harry a une idée : engager le frère oublié de Grossman pour organiser ses combats, grâce à la présence de Al Grossman, son frère n'osera sûrement pas s'en prendre à Harry. Pour organiser ses combats, Fabian a besoin de beaucoup d'argent : il cours voir tout les loosers de la ville et les gangsters à la petite semaine pour obtenir des prêts. Mais, les usuriers refusent et il s'en remet à sa maîtresse, la femme de Phil, le patron du Boxers Bar, pour arranger ses affaires. Il lui obtient une licence de débit de boissons et empoche en échange les quelques milliers de dollars suffisant à démarrer son affaire. Seulement, Helen quitte Phil et ouvre son propre bar, avec sa fausse licence. Nick promet la somme manquante à Harry : c'est un prêt entre amis. Seulement, il le plante au dernier moment, normal à la vue de la situation : Fabian nourrie une relation avec sa femme tout de même. Harry redevient donc le looser que l'on connaît, ses ambitions s'envolent et Al meurt d'une crise cardiaque. L'avocat est donc poursuivi par les hommes de mains de Boom Boom, par ceux des usuriers qui lui ont prêté l'argent, ... Il est traqué, et s'en tire avec une balle! Dans la scène finale, dans l'ambulance, il envisage une nouvelle vie avec Helen, loin de New York, leur ville où règne la dure loi de la nuit. C'est Irwin Winkler, producteur des films de Martin Scorsese Les Affranchis et Raging Bull, qui réalise ce film guère fantastique mais juste et intéressant par la personnalité de cet avocat minable qui vit dans ses rêves. De Niro retrouvera ce type de personnage, minable mais attachant, quelques années plus tard dans La Valse des Pantins, devant la caméra de son ami Martin Scorsese.

Maxime

# Posté le mercredi 01 mars 2006 09:42

Modifié le mercredi 21 juin 2006 04:15