Casino - M.Scorsese - 1995

Casino - M.Scorsese - 1995
Casino est, à l'instar des Affranchis, sorti cinq ans avant, un pur chef-d'oeuvre, fruit de la collaboration de Martin Scorsese et Nicholas Pillegi. Le scénario est tiré, comme pour les Affranchis, d'une histoire vraie. Les gros bonnets de la mafia de Chicago envoit leur jeunes pouces prometteurs pour gérer les casinos de Vegas. Dans le film, c'est Sam "Ace" Rothstein, bookmaker prodigieux, qui est propulsé comme directeur du Tangiers, fameux hôtel de Las Vegas, Nevada. Plus tard, le chien fou du milieu de Chicago, Nicholas 'Nikki' Santoro le rejoint, pour l'aider à rapatrier les fonds dans les caisses des gros bonnets, "au pays" : à Chicago. Dans la réalité des faits, c'est Frank "Lefty" Rosenthal qui atterit au Stardust, à Vegas, avant qu'Anthony 'Tony' Spilotro ne le rejoigne. Tout roule jusqu'à ce que Rothstein tombe amoureux de la prostituée de luxe Ginger MacKenna, une droguée. Il tombe amoureux et lui donne tout pouvoir sur ses biens, mais les relations entre les deux comparses se compliquent et Santoro a une relation avec Mac Kenna. La femme de Lefty Rosenthal, Geraldine McGee, a eue une relation avec Tony Spilotro. Les problèmes des jeunes loups remontent aux oreilles des gros bonnets qui doivent agir. Santoro est désormais sur la liste noire à Vegas et s'exile, pas si loin pour garder un oeil sur Rothstein et le Tangiers. Avec son frère et son gang, ils forment une équipe de braqueurs qui cambriole les bijouteries le soir et éxécute sans foi ni loi. L'affrontement Santoro-Rothstein ira jusqu'à son paroxysme. Rothstein est victime d'un attentat sur sa voiture et dans une scène à couper le souffle, Nicholas Santoro et son frère sont fracassés à coup de battes de baseball et enterré vivant dans un champ perdu.
En Octobre 1982, Rosenthal est dans sa voiture quand elle explose : il survit. Durant l'été 1986, dans un champ de l'Indiana, Anthony et Michael Spilotro sont retrouvés mort dans un trou peu profond : enterrés vivants. Vous n'avez rien compris? Alors je vous laisse profiter de ces 3 heures de film noir succulent, où Joe Pesci, Sharon Stone et l'innimitable Robert DeNiro nous laisse un goût de billet vert amer dans la bouche. La musique est très importante dans ce film et le scénario est irréprochable. Pour l'anecdote, Tony Spilotro a tué Bill Mc Carthy en mettant sa tête dans un étau de menuisier, lui faisant sortir le globe oculaire. Ceux qui ont vu Casino comprendront...


Bande annonce (francais)

Maxime

# Posté le mardi 02 août 2005 08:44

Modifié le jeudi 27 avril 2006 12:39

The Usual Suspects - B.Singer - 1995

The Usual Suspects - B.Singer - 1995
...Prochainement...

Bande annonce (anglais)

# Posté le mardi 02 août 2005 08:47

Modifié le jeudi 27 avril 2006 12:42

L'enfer est à lui - R.Walsh - 1949

L'enfer est à lui - R.Walsh - 1949
L'enfer est à lui aborde plusieurs thèmes, chers au genre : Le gang, l'univers carcéral, le gros coup, le policier infiltré, et les relations Mère-Fils. Le film ne serait pas ce qu'il est sans la relation ambiguë entre Cody et sa mère. Sa complice de toujours et son meilleur atout, elle est presque aussi folle que lui. L'interprétation de Margaret Wycherly (Ma Jarett), est radicalement en marge de l'image traditionnelle maternelle véhiculée dans les films de l'époque. Elle est son garde malade, son conseiller, et la relation entre elle et son fils est fascinante, voir troublante. Ils forment une équipe vraiment unique dans l'histoire des films de gangster, à partir du moment ou c'est son complice.

Si le Tom Powers de « The Public Enemy » avait pu vieillir, sur qu'il serait devenu le Cody Jarett de « White Heat ». En 1949, James Cagney rentre au bercail, si on peut dire. Depuis 10 ans il s'est frotté à d'autres genres cinématographiques, du film de guerre à la comédie musicale (Yankee Doodle Dandy), pour revenir finalement signer chez Warner. Il signe un contrat en or. Droit de regard sur le scénario et possible réécriture, royalties sur les passages télé et d'autres avantages, tout lui est permis. La presse titre alors « James Cagney revient à ce qu'il fait le mieux : les films de Gangsters ».
« Chauffé à blanc » Voici comment pourrais se traduire le titre, beaucoup plus original que le médiocre titre français « L'enfer est à lui ». Chauffé à blanc, le personnage principal Cody Jarret (Cagney) l'est à coup sur. Un des personnages les plus terrifiants du genre, et les plus approfondis phychologiquement. James Cagney incarne un gangster violent et effroyable, dont la brutalité n'a d'égal que l'amour maladif qu'il porte à sa mère. Rongé par un mal sur lequel plane le mystère, nous n'obtiendrons aucune explication sur sa « condition ». Il est enclin à de violentes migraines comme l'était son père et son frère. Les scènes de crises, filmées de façon quasi documentaire médicales, sont d'une authenticité révélant le jeu d'acteur de Cagney très travaillé. Cette interprétation sauvage rend le personnage encore plus inquiétant. Elle fait de Cody le psychopathe absolu, notamment dans la scène finale ou sa cruauté et sa violence atteignent leur point culminant.

L'histoire, l'interprétation d'un casting mémorable, la réalisation maîtrisé de Raoul Walsh qui pose les bases d'une méthode bien établie pour les films de ce genre, tout fait exploser l'écran lors du visionnage de White Heat. Un des plus grands films.


Fabrizio

# Posté le mercredi 03 août 2005 16:42

Modifié le lundi 27 février 2006 15:23

Scarface : The Shame of a Nation - H.Hughes - 1932

Scarface : The Shame of a Nation - H.Hughes - 1932
Mythique Scarface... Al Capone, plus d'un siècle après sa naissance, reste le gangster le plus connu à travers le Monde, « Scarface » est aussi un symbole, l'icône du film noir, le premier de ses grands chefs-d'½uvres. Armitage Trail écrit Scarface en 1930, s'étant fortement inspiré de la vie et de l'actualité du gangster notoire de Chicago, Alfonso Gabriel Caponi, surnommé « Scarface » (le balafré) à cause de l'énorme balafre qui recouvre une partie de son visage, de part en part. Capone, avec ses méthodes violentes et sa personnalité peu scrupuleuse a révolutionné le monde du crime organisé aux Etats-Unis et à fait connaître le phénomène dans les années 20. Capone roulait en Cadillac, tirait les plus belles femmes et pilotait les plus puissantes sulfateuses de toute l'Amérique : c'était lui le patron. Scarface, l'ouvrage de Trail, est donc fortement inspiré de son histoire, de son parcours et de ses habitudes. Au début des années 30, le cinéma prend une nouvelle ampleur et le producteur milliardaire et sulfureux Howard Hughes (Scorsese lui a consacré récemment un long-métrage : L'Aviateur) envisage d'adapter le best-seller d'Armitrage Trail sur grand écran. Il engage Ben Hecht, ancien journaliste de Chicago qui connait sur le bout des doigts l'histoire de Capone et ses hommes, pour écrire le scénario et enrôle le réalisateur Howard Hawks, qui a ensuite diriger Humphrey Bogart dans La Grande Evasion, dans le projet. Paul Muni jouera le rôle de Tony « Scarface » Camonte, avec à ses côtés Georges Raft, Ann Dvorak et Karen Morley notamment. Le film sort en salles en 1932, après deux années de découpe pour correspondre au programme Ace d'auto-censure des studios, c'est un film parfait, un véritable long-métrage référence dans le genre du film noir, du policier, mais par pour autant un succès commercial. Pourant, les images restent encore aujourd'hui dans la mémoire collective, Tony retranché chez lui dans la scène final lors d'une ultime fusillade avec la police, Tony interrogé par les policiers au début du film, Tony au théâtre, Tony lors du massacre de la St Valentin, Tony qui sifflote la trahison avant de dégainer sur l'air de la vengeance (l'air d'Edgar de Donizetti dans son Lucia di Lammermaar), avant de faire parler sa Thompson... seulement voilà, il n'est plus rien sans sa "machine gun". Pourtant, ce Tony là perce l'écran, plus qu'un personnage, car est un mythe : « The shame of a nation ». 50 ans plus tard, le film connaîtra un second souffle après la sortie d'un remake commandé par Martin Bregman et les studios Universal au réalisateur de talent Brian de Palma. On retrouvera l'intrigue succulente du Scarface de Hughes, transposé par le scénariste Oliver Stone, dans le Miami des années 80. Mais on retrouve pourtant le Tony charismatique, ses relations ambiguës et passionnelles d'attachement fraternel avec sa s½ur, son désir d'avoir toujours plus de pouvoir, son coup de foudre pour la femme de son patron, qu'il abattra, sa chute irrésistible à la fin, sa personnalité tiraillante et arrogante et bien sûr ses folies : Tony Camonte tue son ami Guido car il s'est marié en catimini avec la s½ur de Tony, Cesca. 50 ans plus tard, cette fois en couleurs, Tony Montana tue son ami Gina car il s'est marié en cachette avec sa s½ur Gina. On retrouve aussi des plans du "premier" Scarface, comme le plan final qui quitte le cadavre de Tony (Montana ou Camonte) pour rejoindre un édifice avec inscrit la devise préféré des deux gangsters : The World is Yours, et j'en passe, les deux films sont superposables. L'intrigue captive des millions de cinéphiles à travers le Monde, Scarface : A Shame of a Nation ressort alors des armoires et montre à nouveau à la face du monde ce que se doit d'être un film de gangster, ce genre si particulier auquel ce chef-d'½uvre avait lancé les bases et marquer l'apogée, avec Little Ceaser et Public Enemy, il y a maintenant plus de 70 ans.

Avis Ciao

Maxime

# Posté le mardi 24 janvier 2006 08:38

Modifié le jeudi 05 octobre 2006 16:02

Les Cents Pas - M.T.Giordana - 2000

Les Cents Pas - M.T.Giordana - 2000
Ce film 100% italien retrace la vie (trop courte) de Giuseppe « Peppino » Impastato. Ce sicilien est né et est mort à Cinisi, en Sicile, bercé dans l'univers de la mafia. Son père, Luigi, tient une pizzeria et son « oncle » (le beau-frère de Luigi Impastato) est le respecté Don Cesare Manzella. L'oncle Cesare prend le petit Peppino sous sa poupe. Il est intelligent, calme, timide et honore sa famille. Son petit frère Giovanni est plus timide. L'illustre Gaëtano Badalamenti habite dans ce même village : sa maison n'est séparée que de cent pas (Les Cents Pas) avec celle des Impastato. Le jour où « Tano » Badalamenti élimine Manzella pour prendre le pouvoir à Cinisi, Giuseppe Impastato, alors enfant, prend conscience du fléau qu'entraîne les codes mafiosi dans ces régions proches de Palerme, depuis des siècles. Il se lie d'amitié avec Stefano Venuti, le peintre du village, le leader de la cause communiste. Le jeune Peppino, brillant étudiant et passionné de littérature, écrit dans la revue communiste « L'Idea Socialista ». Il se plonge dans les vers de Pasolini et lance une radio pour faire entendre ses idées, pour faire valoir son pouvoir subversif dans cette ville corrompue par le crime organisé. Sur Radio Aut, il dénonce la mafia et la mairie avec humour, sur un ton incisif. Peppino et ses amis communistes. Luigi Impastato ne peut pas accepter que son fils s'éloigne du chemin qui lui était tracé, et fasse du tort à sa famille. Giuseppe est mis dehors, seul sa mère, Félicia Bartolotta, le supporte. Cette femme aura, dans les années 80, un rôle très important en Sicile dans la lutte anti-mafia. En 1978, Peppino à 30 ans, son père vient de mourir dans des conditions « étranges », comme bien souvent dans ces familles qui brûlent sous le soleil de l'île italienne, et il décide de se présenter pour les élections municipales. Sa popularité, acquise grâce à son émission de radio « Onda pazza » et ses actions pour la libre pensée, lui aurait sûrement permis de gagner sa place au conseil municipal de Cinisi, et d'y siéger en frondeur, comme toujours, pour s'opposer au pouvoir en place, corrompu jusqu'aux os. Mais il n'en a pas eu le temps, il est découvert mort le 9 Mai 1978 sur un chemin de fer, explosé à la dynamite. Ce jour-là, dans la capitale romaine, on découvre le corps d'Aldo Moro, député de Démocratie Chrétienne, enlevé et exécuté par les Brigades Rouges. Badalamenti a été condamné à la prison à perpétuité en 2002 et est mort en 2004, mais ce film veut d'abord montrer la force de ces principes, de ces codes, dans ces familles siciliennes. La loi du silence règne en maître dans ces petits villages où les pouvoirs du « chef de village », du Parrain, s'étendent souvent jusqu'à New York. Dans ce film et à travers son combat, Peppino Impastato voulait humaniser ces chefs de la mafia, les remettre à l'état de simple homme, d'assassins, ce combat lui à coûté la vie et, presque 30 ans après, ce combat est encore d'actualité en Sicile où les femmes et les victimes des crimes mafieux se battent pour vaincre ce fléau. Les images sont belles, ce combat est noble et ce film est tout simplement magnifique, une fois visionné, vous n'oublierez pas le regard de cet enfant, enfoui dans ses pensées, qui essaye de disséquer la mort de son « oncle », de comprendre qui l'a tué et pourquoi. Toutes ces questions sont l'essence même du questionnement que Peppino Impastato aura su faire partager en Sicile aux détracteurs de la Mafia.

Avis Ciao

Maxime

# Posté le jeudi 26 janvier 2006 07:52

Modifié le jeudi 05 octobre 2006 16:07